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Noces De vérité, Noces
D'éternité
Siècle après
siècle, dans la nuit millénaire
Que tissent les attentes de nos milliers d'aieux
Se presse sur nos lèvres, de la mère à l'enfant
Le message sacré qui perfore l'univers,
L'antienne intemporelle qui habite notre sang
C'est l'auguste nouvelle qu'on ne se lasse d'annoncer
La rumeur solennelle qui emplit les mosquées,
Que proclame l'orant à l'aurore naissante
Et répète la lune aux étoiles voisines
Patience car viendra l'heure des noces de vérité
Le banquet du reél où l'humanité est conviée
Où nul ne manquera, et où nul ne tardera
Quand les ames pâlies, dans l'alcove glacé
Otent la robe virginale dont elles s'étaient nimbées
Car ce jour ne connait qu'une seule Epousée
Belle parmi les vierges et pure parmi les douces
Parfaite en sa nature, illustre par sa lignée
Bien qu'elle soit l'Orpheline, aieule de ses parents
La bergère illettrée qui instruit l'érudit
Ame resplendissante qu'honore l'amour d'un Roi
Tes yeux noirs ont dicté l'aube de l' humanité
Sa vie n'est que le rite seyant des fiancailles
Que tes noces cloront, imposante procession
Qui d'Adam au Mahdi suit ton cortège nuptial
Pour briguer ta beauté, le grand Roi a mandé
Six soeurs de ton lignage, élues pour te porter
La missive d'amour rédigée de Sa main
Et qu'un Soupir grava sur Son trone sublime
Six longs jours durant, elles se sont relayées
A la porte des villes pour convier les passants
Sois témoin de l'Amour Un qui n'a pas d' associé
Et professe que l'Aimée est seule digne d'etre louée
L'un écoutait, l'autre s'arretait, mais sitot la nuit venue
Chacun se détournait, dans l'impatience du foyer
Que m'importe qu'un Roi aime une vierge illettrée
Pourvu que j'ai ma belle, facile à courtiser ?
Elle m'invite par ses chants à l'extase de l'instant
Car demain n'est jamais qu'un hier en suspens
Son rire est pétillant comme le vin qui me grise
Et ses charmes généreux, à défaut de surprise
Au matin des sept jours, constatant que l'amour
Que chantaient tes ainées était Ta vérité
Tu parus dans la ville, Toi la vierge cloitrée
Dans les plaines du désert, ton secret monastère
Tu parus. La lune pale sous ses brumes s'écria
Mon Seigneur m'a prescrit le destin du miroir
Vaine par moi meme, je me croyais un astre
Mais l'étoile m'éclaire ce soir et s'éteint mon illusion
Le soleil qui toujours vogue dans la nef des sept cieux
Brillant sans se soucier sur les nations mortelles
Comprit en ta venue la fin de son silence
Puisqu'enfin la Lumière était révélation
Celle qui n'aveugle plus devenait connaissance
Mais quand sur l'agora, les accents purs de ta voix
Avouèrent à l'univers tout ce qu'il ne savait pas
En masses soumises le monde se prosterna
Et les choeurs retentirent de la louange de ton Roi
Gloire à celui dont nous sommes les sujets
Gloire à l'aimée qu'il juge seule digne d'etre louée
Par elle nous apprenons le parfum de l'amour
Et aspirons Seigneur à t'aimer à ton tour
Elle disait dans ses doux preches une tendre nostalgie
Endurant sous les sourires la géhenne de nos cités
Où tout n'est que labeur, rudesse et lassitude
Mais l'épreuve se consumait dans l'espoir d'un prompt retour
Après une longue attente, hiver de son amour
Tu la mandas enfin, au matin du printemps
Sans crainte elle s'avança, tandis que consternés
Nous assistions à son départ, chaste comète de nos espoirs
La mélancolie sculpte en nos coeurs sa vertueuse effigie
Car toute séparation n'est que la soeur d'une autre union
Assidus nous célébrons sur les autels du souvenir
La promesse de retrouvailles qui dissiperont notre langueur
En ce jour où tes amies réjouies de ton bonheur
Porteront le trousseau impérial qui te sied
Gemmes de vertu dans les écrins de piété
Chants du repentir, et danse de tes louanges
Et nulle parmi elles ne se verra lésée
O Seigneur fais honneur à la noble Epousée
Qui reçut pour sa dot l'immense humanité
Que son front resplendisse sous l'éclat du diadème
Par lequel tu gracies tes sujets repentants
La cour de l'univers veut rendre hommage à une reine
Vetue d'un manteau fait d'une pourpre dorée
Constellée de diamants qui sont Ton Agrément
Maryam313
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