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Talibé,
Je te considère
Comme mon frère
Sorti des mêmes reins
Comme les sentiers
Lointains et soudains
Je t’imagine
Dans tes habits
De Korité et de Tabaski
Jamais conçus
Dans les plages de Ngore ou d’almadi
Jamais visités
Dans tes ages à peine fleurissantes
Tu cajoles ta témérité gaillarde
Le matin, mon cœur se crispe
Longtemps aux feux rougeâtres
Quand ta peau frileuse frissonne
Quand ton sourire émouvant se disloque
Je te regarde
Depuis les vitres teintées
De mes mains, coups retenus
Le volant je matraque
Dans ma vision aigrie
Mes souvenirs entrebâillés
Mon enfance à peine revisitée
Je me dis que ça s’est passé trop vite
Que la campagne n’avait pas
A rendre les armes
Ni aux villes de recueillir les larmes
Dans notre futur en lambeaux
Se suicide notre culture
Talibé,
Je te considère,
Comme l’ami
Celui que je n’ai jamais connu
Comme l’enfant
Avec qui je n’ai pas partagé
Les bancs de l’école
Tu es sans nul doute
Le bras qui me manque
Le sourire que je cherche
Le pourquoi de l’édifice qui s’écroule
Talibé,
La veilleuse que marmonnait, Maman
La chantes tu ?
Noël et petit papa
Les connais-tu ?
Dékhelé et notre histoire
Qui te l’enseignera?
Les dimanche soirs joyeux
Les hivers chaleureux
Demain et son lot de malheureux
Les mondes et leur mondialisation
L’Afrique et sa balkanisation
En saisiras tu le refrain
Je te considère comme mon frère, Talibé
Sorti des mêmes reins, Talibé.
Jambar
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