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POETES   DU   SENEGAL ET D’AILLEURS

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-1-
l’homme peut comprendre un jour
qu’il est un arbre qui se vieillit tout seul
et peut écrire la tristesse donc
aux blessures causées par le vent dans son corps
 
à ta grande surprise en automne
tu apprends
ne pas croire aux couleurs des feuilles
et cet horrible mensonge du temps,
cet horrible mensonge de la passion,
de l’ambition,
des moments, des souvenirs,
de ceux que tu as vécu ou non
à une course aveugle comme un fleuve furibond

aux montagnes, aux chambres, aux consolations
dans les diminutions que tu crois augmenter
aux étoiles qui dévorent la lumière du cœur
aux cris sans échos sur le dernier rire
d’une feuille tombée
tu apprends en demeurant interdit
l’immense mystère du temps et de la vie
 
-II-
le ciel ne raconte l’infinité qu’à la pluie
or une fois atteinte à la terre la goutte oublie
que la pluie est un pays triste
 
comme s’il n’existe qu’un seul automne : oublier
et un mensonge plus vrai que la vie
 
que raconte-t-il à la terre le bruit de la pluie
une chanson, une poésie, une histoire d’automne
si tu étais un vieil arbre, un arbre tout nu
qu’est-ce que tu raconterais au vent
qui souffle sans cesse dans ton cœur ?
 
«laisse-moi tranquille, en moi
il n’existe plus aucun printemps
à part de l’automne »
 
c’est de partir peut-être, l’amour, partir simplement
enroulant une tristesse oisive à tes blessures
laissant doucement tes racines dans la terre
comme un arbre renversé par le vent
 
Ayten Mulu

Traduit par Mustafa Balel

 

 

 

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